Quand j'étais en classe de 3° au collège, j'ai subis les tripottages d'un élève de ma classe, qui m'attendait dans le couloir entre chaque intercours. Cela a duré toute l'année scolaire. Il m'attrapait de dos, et faisait des attouchements sur ma poitrine. Je me débattais, et criais. Tous ses copains qui étaient en ronds autour ne disaient rien. Les autres élèves partaient vite. Les professeurs présents dans les salles à proximité, laissaient apparaître leur visage dans l'encadrement de la porte, et repartaient aussitôt. Je disais à cet élève de 18 ans, de me laisser tranquille, de me lâcher... Et ça recommençait tout le temps.
En fin d'année, en cours d'Espagnol les élèves avaient mis de la musique, avec l'accord du professeur, à la place du cours. Je ne me suis pas mélangée aux autres. Je suis restée, seule, assise à une chaise. Les autres dansaient. Cet élève est revenu à la charge pendant le cours. Mais cette fois, il n'étais plus le seul. Un autre élève se mettait à faire la même chose. Ils venaient furtivement près de moi, essayaient de me toucher, et repartaient. Moi, j'essayais tant bien que mal d'intercepter leurs gestes, et je protestais. C'est là que mon principal tortionnaire m'a dit "si tu ne te laisses pas faire, je te mettrais sur le trottoir"...
J'ai éclaté en sanglots, et je suis sortie de la classe. Je suis partie du collège, et je suis arrivée chez moi en larmes. Je n'en avais jamais parlé à ma mère pour ne pas l'inquiéter, et aussi parce que je me disais chaque jour que ça allait s'arrêter... Ma mère, hors d'elle, a téléphoné au Proviseur, porté plainte au commissariat. Là-bas on lui a dit "si votre fille est faite comme sa mère, pas étonnant qu'on l'embête la p'tite" (avec un sourire).
N'ayant pas de contact avec mon père, c'est mon oncle qui est intervenu au collège. Il a été reçu par l'adjoint du Proviseur. Là, on m'a demandée si ce n'était pas moi qui les avait aguiché. Mon oncle m'a défendue ardemment, et a dit qu'il fallait que cela cesse, sinon, il s'en occupait personnellement. L'adjoint nous a dit qu'il allait renvoyer les élèves durant 3 jours.
Il n'en a jamais rien été fait.
Mon oncle m'avait donnée son numéro de portable où le joindre au cas où, et je me sentais protégée, et plus seule. J'ai continué à aller en cours, pour le peu de temps qu'il restait. Mon tortionnaire s'est assis à coté de moi durant l'heure de cours, et m'a dit "c'est vrai que tu as porté plainte aux flics ? ? Tu sais, si tu m'avais dit d'arrêter, je l'aurais fait, mais tu ne m'as jamais rien dit, alors pour moi, c'est que cela ne te déplaisait pas" Je suis devenue rouge de rage, et avec tout le calme dont j'ai su faire preuve, je lui ai répondu "mais pour toi, une fille qui hurle de la lâcher, et qui te donne des coups de pieds et des coups de coude, ça veut dire quoi ? ?" Il n'a rien ajouté... et en bref, aux yeux de tous, c'est moi qui suit passé pour une "Salope"...
Heureusement, j'ai pu aller dans un lycée qui était loin de mon quartier, alors je ne croisais que très rarement tous les anciens élèves.
Pendant plus d'un an j'ai fait des cauchemars, et je ne supportais pas une main d'homme sur mon épaule. Mon coeur s'accélérait toujours et je surveillais ses gestes. J'avais la crainte dans l'âme, qu'il veuille, lui aussi, tenter de me toucher...
Ces évènements m'ont beaucoup fait de mal dans mes relations avec les hommes. J'ai aujourd'hui 26 ans, et cela ne fait que deux ans, que je m'épanouis auprès des hommes, que je n'ai plus peur...